Versement libératoire ou barème progressif : lequel choisir en 2026 ?
C'est LA question que tout auto-entrepreneur se pose au moment de la création — et bien souvent on choisit au hasard ou par défaut. Mauvaise idée : selon votre situation, l'écart peut atteindre plusieurs centaines voire milliers d'euros par an. Ce guide vous aide à trancher avec des exemples chiffrés.
Les deux options expliquées simplement
Option 1 : Le versement libératoire (VFL)
Vous payez votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations URSSAF, chaque mois ou trimestre, à un taux fixe :
- 1 % du CA pour la vente de marchandises (BIC)
- 1,7 % pour les prestations de services (BIC)
- 2,2 % pour les activités libérales (BNC)
Avantages : simple, prévisible, pas de régularisation en fin d'année. Vous savez exactement ce que vous payez à chaque déclaration.
Inconvénient : vous payez de l'impôt même si vos revenus globaux sont en dessous du seuil d'imposition. C'est de l'argent perdu.
Option 2 : Le barème progressif (régime classique)
Votre CA auto-entrepreneur est intégré à votre déclaration de revenus annuelle. Un abattement forfaitaire est appliqué avant calcul de l'impôt :
- 71 % d'abattement pour la vente (on ne taxe que 29 % du CA)
- 50 % pour les services BIC (on taxe 50 %)
- 34 % pour les BNC (on taxe 66 %)
Le résultat après abattement est ensuite soumis au barème progressif de l'IR (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %).
Avantage : si vous gagnez peu ou si vous avez beaucoup de parts fiscales (couple, enfants), vous pouvez ne payer aucun impôt — ou nettement moins qu'au VFL.
Condition d'éligibilité au VFL
Vous ne pouvez opter pour le VFL que si votre revenu fiscal de référence de N-2 ne dépasse pas 28 797 € par part de quotient familial. En 2026, on regarde donc le RFR de 2024 (déclaration de 2025).
Comparatif chiffré : 5 situations concrètes
Cas 1 : Freelance BNC, 35 000 € de CA, célibataire, pas d'autres revenus
VFL : 35 000 × 2,2 % = 770 € d'impôt
Barème : abattement 34 % → revenu imposable 23 100 €. IR = 1 276 €
Cas 2 : Freelance BNC, 20 000 € de CA, célibataire, pas d'autres revenus
VFL : 20 000 × 2,2 % = 440 €
Barème : revenu imposable 13 200 €. IR = 187 €
Cas 3 : Prestataire BIC, 40 000 € de CA, couple 2 enfants (3 parts)
VFL : 40 000 × 1,7 % = 680 €
Barème : revenu imposable 20 000 €, divisé par 3 parts = 6 667 €/part. C'est sous la 1ère tranche. IR = 0 €
Cas 4 : Vendeur e-commerce BIC, 150 000 € de CA, célibataire
VFL : 150 000 × 1 % = 1 500 €
Barème : abattement 71 % → revenu imposable 43 500 €. IR = 5 781 €
Cas 5 : Freelance BNC, 50 000 € de CA, conjoint salarié à 35 000 € net, 2 parts
VFL : 50 000 × 2,2 % = 1 100 €
Barème : revenu AE imposable : 33 000 €. Total foyer : 68 000 €. Le CA auto-entrepreneur pousse le couple dans la tranche à 30 %. Part IR attribuable à l'AE ≈ 4 200 €
Comparez les deux options avec vos vrais chiffres
Simuler VFL vs Barème →La règle simple pour choisir
Voici un résumé pragmatique :
| Votre situation | Meilleur choix généralement |
|---|---|
| CA faible (< 15 000 €), célibataire | Barème (souvent 0 € d'impôt) |
| CA moyen, couple avec enfants | Barème (quotient familial avantageux) |
| CA élevé (> 40 000 € BNC), célibataire | VFL (taux fixe < TMI à 30 %) |
| Conjoint avec revenus élevés | VFL (évite de gonfler la TMI du foyer) |
| E-commerce fort CA, faible marge | VFL (1 % fixe imbattable) |
Important : ces règles sont des tendances. La seule façon d'être sûr, c'est de simuler les deux options avec vos vrais chiffres.
Comment changer d'option ?
Vous pouvez changer de régime fiscal chaque année. La demande doit être faite avant le 30 septembre pour un changement effectif au 1er janvier de l'année suivante. La demande se fait auprès de votre service des impôts ou via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Sources : impots.gouv.fr, service-public.fr. Dernière mise à jour : mars 2026.